Occitanie

Du 05/07/2016 au 06/07/2016

L’Occitanie, huitième étape du tour de France de la FHF

Les responsables de la Fédération hospitalière de France (FHF) étaient les 5 et 6 juillet 2016 en Occitanie. Une région grande comme l’Irlande où les questions de déséquilibre démographique et de précarité rendent aiguës les problématiques du service public hospitalier et médico-social.

« Les présidents de CME et directeurs connaissent bien la FHF, les autres praticiens, moins, a observé le 5 juillet à Toulouse le Pr Chollet, président de la FHR Occitanie, en introduction des discussions. C’est pourquoi ces rencontres de terrain sont importantes dans nos stratégies de groupes ». Un peu plus tôt, à Tarbes, Cédric Arcos, délégué général adjoint de la FHF, avait souligné que la Fédération misait beaucoup sur les délégations régionales. « C’est un enjeu majeur. Tous les sujets d’actualité démontrent la nécessité pour les acteurs hospitaliers et médico-sociaux d’agir en stratégie de groupe public », résumait-il.

Le positionnement de l’ARS en question

C’est tout le sens des groupements hospitaliers de territoire (GHT). « Nous sommes à vos côtés pour réussir la deuxième étape des groupements hospitaliers de territoire, a rappelé David Gruson, délégué général de la FHF, lors de ces cinq haltes régionales*. Faites-nous remonter l’information via votre fédération régionale (FHR), qui a démontré son opérationnalité dans la première phase – délicate – des périmètres de GHT », a-t-il souligné le 6 juillet au CH de Carcassonne en présence des adhérents. Des fédérations régionales réformées et en ordre de marche, notamment comme relais auprès des agences régionales de santé (ARS).

Le positionnement de l’ARS a en effet été débattu en Occitanie. Témoin la situation paradoxale décrite à Tarbes : d’un côté l’agence refuse de statuer sur un projet de site commun entre les CH de Lourdes et de Bigorre ; de l’autre, elle annonçait ce 5 juillet par voie de presse et sans préavis l’intégration d’un établissement tiers dans le GHT à peine né… La même incompréhension de positionnement allait poindre au CHU de Montpellier, confronté à des décisions inexplicables au regard du redressement financier en cours.

Les responsables de la FHF ont rappelé que les Universités d’été de la Fédération, les 6 et 7 septembre 2016 seraient aussi l’occasion de lister les blocages techniques au bon fonctionnement des groupements hospitaliers de territoire grâce aux remontées du terrain.

Démographie, tarifs… des sujets de préoccupation

Autre point central évoqué : la nécessaire évolution du système de financement « en mode territoire ». « Le modèle MIGAC ne finance pas l’engagement dans la coopération alors que l’on est pleinement dans une mission de service public de maintien de l’accès aux soins sur certains territoires de la République », estime David Gruson. D’autant que la démographie médicale est en tension, élément qui compromet de plus en plus l’accès aux soins, ont insisté des présidents de CME.

GHT : les choix du psychiatrique et du médico-social

« Nous arrivons à recruter des psychiatres mais nous n’arrivons pas à les garder face à l’attractivité du privé, aura complété le 6 juillet Philippe Banyols, directeur du CHS de Thuir, qui a fait le choix d’une Communauté psychiatrique de territoire départementale en dérogation aux GHT. A la clé, un déploiement accru chez les patients et une réduction des hospitalisations. Les représentants de la FHF en ont profité pour rappeler des dispositifs d’accompagnement sur la psychiatrie (aide à la construction des projets médicaux partagés, soutien possible de SPH Conseil).

Cette tournée a enfin été l’occasion pour la FHF nationale et la fédération régionale de réaffirmer leur volonté d’intégrer le secteur médico-social (MS) et du handicap dans les stratégies de groupes publics qui se dessinent. Dans la perspective des GHT, en l’absence d’intégration immédiate, les établissements peuvent se préparer en montant un groupement de coopération social et médico-social ou bien via des conventions de partenariat, bases du futur pilier vieillesse/handicap du GHT, a-t-on noté. L’occasion pour David Gruson de rappeler la demande de la FHF de « déverrouiller le régime économique de la télémédecine, qui pourrait être une incitation puissante pour le secteur médico-social ».

 

* Aux CH de Bigorre et de Carcassonne, aux CHU de Toulouse et Montpellier, et au CHS de Thuir.

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