Nouvelle Aquitaine - suite

Du 19/10/2016 au 20/10/2016

Nouvelle Aquitaine : un hôpital public expert « hors les murs »

Les représentants nationaux de la Fédération hospitalière de France (FHF) étaient à nouveau en déplacement en Nouvelle Aquitaine les 19 et 20 octobre 2016. Objectif : s’imprégner de retours d’expériences sur les parcours patients et la place du service public hospitalier dans ces nouveaux modèles.

« La liberté d’initiative laissée au terrain et la nécessité de faire confiance aux acteurs sera au centre de nos demandes », a assuré Frédéric Valletoux, président de la FHF. A quelques mois de la publication de la plateforme 2017 de la Fédération, les exemples d’organisations en territoires de santé observés en Nouvelle Aquitaine plaidaient en ce sens.

 

Territorialisation : le virage nécessaire

A Limoges, Patrick Charpentier, représentant du Collectif inter-associatif sur la santé (CISS) du Limousin, s’est « félicité » au nom des patients de la présence de la FHF sur le terrain. « Car il faudra bien conjuguer demain trois niveaux : le national, le régional et le territorial. Ce que j’entends ici, c’est que nous sommes déjà dans le virage nécessaire pour s’adapter au vieillissement de la population et à la chronicité des maladies. C’est rassurant mais compliqué à réaliser », a-t-il conclu.

« Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) sont en effet compliqués à mettre en œuvre mais ils ont le mérite de remettre le patient au centre de nos organisations. C’est ça la notion de parcours », a rappelé le Pr Vergnenègre, président de commission médicale d’établissement (CME) du CHU de Limoges. Ici un groupement de coopération sanitaire (GCS) sera l’outil des fonctions mutualisées (achats, département d’information médicale, systèmes d’information, formation). Et les parcours vont se construire à partir des exemples de coopérations réussies déjà menées sur le territoire : télé-AVC avec les hôpitaux périphériques, bilans au domicile de patients âgés, appui aux professionnels libéraux par télémédecine, consultations avancées d’hématologie…

 

Vers des territoires de santé intégrés

A Brive, les représentants de la FHF ont pu entendre différents professionnels collaborant avec l’hôpital dans le cadre du dispositif PAERPA (Personnes Agées En Risque de Perte d’Autonomie). « Il faut avoir conscience que l’hôpital a toute sa place dans le PAERPA. C’est le médecin traitant qui décide, mais nous lui apportons un appui », a expliqué Vincent Delivet, directeur du centre hospitalier de Brive et délégué régional de la FHF. Il faut s’attendre à l’avenir à une généralisation des territoires de santé intégrés s’appuyant sur une plateforme territoriale d’appui comme Santé Landes,  présenté à la FHF au CHU de Bordeaux. Avec ici aussi une nouvelle vision de l’hôpital public expert « hors les murs » « qui donne des résultats », ont constaté les chefs de projets lors de ces échanges.

Le bénéfice d’une liberté d’action laissée au terrain a aussi été constatée dans l’établissement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du Bouscat, avec une présentation dans le détail de trois initiatives : des ateliers tournant autour de l’utilisation du robot Zora, les consultations de télémédecine avec le CHU de Bordeaux, et le développement d’un Pôle d’activités et de soins adaptés (PASA). Mais les innovations sont freinées par le corsetage lié à un mode de financement cloisonné dépassé et qui ne tient plus compte des besoins soins/dépendance, ont témoigné les responsables médico-sociaux présents.

 

Le service public garant de la continuité des soins

David Gruson, délégué général de la FHF, aura salué en Nouvelle Aquitaine « des expériences qui montrent la façon de positionner les établissements hospitaliers dans des dispositifs d’ouverture sur la ville. C’est un point majeur au moment où nous réalisons notre plateforme 2017 car nous constatons chez les autorités de tutelle une certaine dose d’idéologie dans l’idée de construire des parcours sans l’hôpital ».

Et ce volontarisme est d’autant plus méritant que « les établissements qui travaillent sur la prévention des hospitalisations inutiles en externalisant leurs ressources se pénalisent dans le modèle financier actuel », a noté Vincent Delivet. C’est pourquoi la FHF soutient l’idée d’une remise à plat du modèle MIGAC (financement des missions d’intérêt général), de même qu’une meilleure prise en compte des indicateurs socio-économiques ainsi que des indicateurs de sous-densité médicale dans le financement, a indiqué David Gruson. Le service public hospitalier est en effet de plus en plus sollicité pour maintenir une présence médicale sur certains territoires difficiles et désertifiés, ont témoigné les acteurs aquitains. Comme le service public hospitalier est aujourd’hui seul à assumer certaines missions : les dirigeants de la FHF l’ont encore constaté le 20 octobre lors de la visite des unités spécialisées de l’établissement de santé mentale de Cadillac…

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