Normandie

Du 13/09/2016 au 14/09/2016

La Normandie, entre innovations multiples et attentes fortes

Au cœur de leur tournée normande des 13 et 14 septembre 2016, les représentants nationaux de la FHF rencontraient une cinquantaine d’adhérents de la fédération normande lors d’un dîner-débat à Sahurs. A quelques mois de l’échéance présidentielle, les demandes de mesures fortes se font pressantes, notamment sur la démographie médicale.

Magnifique exemple de réussite du service public, le restaurant du Clos des Roses qui accueillait la soirée adhérents de la FHF fonctionne remarquablement grâce aux résidents de l’ESAT de l’Institut départemental de l’enfance de la famille et du handicap pour l’insertion, visité un peu plus tôt dans la journée par la délégation de la FHF. « Nous cherchons justement dans ce tour de France les exemples qui nourriront l’un des axes forts de notre plateforme aux candidats à la présidence de la République : faire confiance aux acteurs de terrain, a rappelé Frédéric Valletoux, président de la FHF. L’administration est là (devrait être là) en tant que régulateur et pour accompagner les porteurs de projets, pas en tant qu’appareil bureaucratique tatillon », a-t-il souligné.

Démographie : le signal d’alarme est tiré

Au centre de l’actualité, les groupements hospitaliers de territoire (GHT) correspondent à une stratégie de groupe public basée sur les projets médicaux, a rappelé Frédéric Valletoux. « Mais les GHT inquiètent les praticiens des établissements de taille intermédiaire », a avancé Alain Fuseau, président de CME au Havre. Et d’interpeller la FHF sur une régulation de la démographie médicale, au cœur des problématiques territoriales. La situation est en effet parfois dramatique, comme l’a par exemple démontré à la FHF l’établissement de santé mentale de Caen. Des situations souvent accentuées par les débauchages répétés du privé dans certaines spécialités, d’où la demande des adhérents d’une clause de non-concurrence à moins de 70 km en cas de départ d’un établissement.

Quant à la ville, « comme en 2012, nous pouvons porter l’idée d’une limitation de l’installation des libéraux dans les zones surdotées… », suggère Frédéric Valletoux. Pourquoi ne pas aussi trouver des formules souples d’exercice partagé (en CH, CHU, maisons médicales…) réclamées par les jeunes praticiens ?, a suggéré Isabelle Lesage, directrice du CHU de Rouen. L’idée d’un engagement des internes à s’installer pendant 3 à 5 ans près de leur université fait aussi son chemin chez les parlementaires, a noté Philippe Duron, coprésident de la FHR Normandie et député du Calvados. Autre piste évoquée par David Gruson, délégué général de la FHF : une facilitation des délégations de compétences aux paramédicaux. Emmanuelle Jeandet-Mengual, coprésidente du conseil de surveillance du CHU de Rouen et de la FHR, aura enfin demandé un rééquilibrage des praticiens universitaires au profit des territoires sous-dotés.

La télémédecine, une solution bridée

« Il n’y a pas assez d’incitations au développement de la télémédecine, a témoigné par ailleurs Thierry Lugbull, directeur du CH de Saint-Lô et administrateur des essais télésanté en Normandie. La FHF réclame le déverrouillage du modèle économique de la télémédecine dans le cadre du PLFSS 2017, a rappelé David Gruson. « Nous comptons sur vos exemples pour montrer au financeur que les actes de télémédecine n’auront pas d’effet inflationniste, au contraire. L’exemple du CHU de Caen l’illustre. Ensuite, ce sera à vous de définir comment la télémédecine peut vous aider en fonction de votre projet médical partagé (PMP). Nous l’avons vu avec les téléconsultations du CH d’Elbeuf. »

Ubuesques structures de financements

L’évolution d’un mode de financement devenu « catastrophique » a enfin été réclamée. « Toutes nos marges de manœuvres sont consacrées aux plans de retour à l’équilibre au détriment de l’innovation », a souligné Christophe Kassel, directeur du CHU de Caen, en plein projet de reconstruction. Un discours qui n’est guère différent dans le médico-social, a souligné un dirigeant d’EHPAD, « or tant que les filières avales ne se développeront pas, le secteur sanitaire sera en difficulté… » L’occasion pour David Gruson de rappeler un sujet fort porté par la FHF pour le médico-social : le décloisonnement des sections tarifaires.

Côté recherche, la question du financement pour pérenniser les essais cliniques aura aussi été un point fort du débat, le sujet ayant largement été évoqué avec les dirigeants de la FHF aux CHU de Rouen et de Caen. A noter que la FHF envisage à cet égard de se structurer pour aider les porteurs de projets à aller chercher des financements FEDER (européens).

Isabelle Lesage aura enfin suggéré la nécessité pour la FHF de porter le thème de la pertinence des soins. Un sujet qui parle au grand public et remet à sa juste place la qualité du service public hospitalier au regard des pratiques du privé. La récente montée au créneau de la FHF sur le sujet du taux de césarienne, l’a démontré, a conclu David Gruson.

Partagez sur