Alsace

Du 26/01/2017 au 26/02/2017

Une double étape alsacienne sous le signe de l’innovation… et des injonctions contradictoires

Une vingtaine de responsables d’établissements alsaciens (directeurs, élus, présidents de CME) avaient fait le déplacement à Strasbourg, le 26 janvier 2017, pour rencontrer les représentants de la FHF venus visiter le CHU avant de se rendre au CH de Bischwiller. Un double déplacement placé sous le signe de l’innovation portée par le service public hospitalier, en dépit de la désincitation tarifaire.

 

Les représentants de la FHF étaient au CHU de Strasbourg le 26 janvier au matin. Etaient notamment inscrites au programme la visite du chantier de l’Institut régional du cancer et du futur plateau médicotechnique et locomoteur, ainsi qu’une démonstration d’imagerie interventionnelle… Des exemples d’investissements de pointe aujourd’hui maintenus par le service public hospitalier en dépit d’une tarification contre-productive qui conduit à creuser son déficit lorsque l’on innove !

 

Sous le règne des injonctions paradoxales

 

Ce fut d’ailleurs l’un des deux premiers sujets abordés lors de la réunion des adhérents de la Fédération hospitalière régionale (FHR) en présence des dirigeants de la FHF ce 26 janvier : les conditions tarifaires qui étouffent l’hôpital et les problématiques d’attractivité. « Oui, nous sommes en pleines injonctions paradoxales, a abondé David Gruson, délégué général de la FHF. Le ministère pointe une situation grave en raison des déficits… tout en soulignant que le monde hospitalier n’a jamais fait autant d’efforts de productivité… »

Pour améliorer l’attractivité, la FHF propose notamment dans sa plateforme politique 2017 un plafonnement de l’écart de rémunération entre le public et le privé ainsi qu’un opérateur d’intérim parapublic qui « moraliserait » le secteur. Autre proposition importante : la possibilité donnée aux établissements de basculer sur un dispositif « d’autonomie avancée » à l’échelle du groupement hospitalier de territoire (GHT), qui leur donnerait la souplesse d’agir sur l’attractivité (durée du travail, rémunérations améliorées, capacité à s’extraire du code des marchés…). « C’est un fil rouge de notre plateforme, a rappelé Frédéric Valletoux, président de la FHF : aller, sinon vers l’autonomie des établissements, du moins vers une plus grande confiance envers le terrain, avec possibilité d’initiatives locales. Il faut nous dégager de la tutelle omnipotente de certaines ARS qui outrepassent leur rôle. »

 

Inquiétudes sur les achats et la tarification des EHPAD

 

L’ingérence de l’ARS dans les politiques d’achats a d’ailleurs été soulevée avec inquiétude par certains participants. « Il n’y aura aucune valeur ajoutée à massifier nationalement des prestations de services de proximité, a commenté David Gruson. En revanche, sur les produits de santé ou les dispositifs médicaux, il serait hérétique de désamorcer des programmes nationaux qui fonctionnent (Phare, Uni.H.A…). Il y aura sans doute aussi des opportunités d’achats à un niveau intermédiaire (départemental, régional…). Aux acteurs de terrain et à eux seuls d’en juger ! »

Les acteurs médico-sociaux présents à Strasbourg ont de leur côté exprimé leur inquiétude sur la réforme de la tarification des Ehpad et sur l’arrivée de contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) qui s’annoncent plus lourds en objectifs qu’en moyens… L’attente du secteur médico-social vis-à-vis de la FHR s’avère forte, à la fois pour échanger sur les problématiques du secteur au niveau régional et pour être soutenu lors des rencontres avec l’ARS, a-t-on insisté auprès des représentants de la FHF. L’occasion pour David Gruson de rappeler la demande de la FHF d’un abandon des sections tarifaires pour, là encore, « redonner une capacité d’initiative aux acteurs de terrain ».

 

Fluidifier le dialogue entre établissements publics

 

« L’un des grands enjeux à venir sera notre capacité à créer des passerelles et de la fluidité dans le système de prise en charge, de manière à réaffirmer la place centrale de l’offre publique, a conclu Frédéric Valletoux, président de la FHF. Il faudra mieux faire dialoguer CHU et hôpitaux de proximité, affirmer la place de ces derniers, travailler avec la médecine de ville… »

Le président et le délégué général de la FHF ont d’ailleurs appuyé leur propos par la visite de plusieurs services du CH de Bischwiller, qui couvre l’ensemble de la filière gériatrique. La transversalité prônée par la FHF est notamment illustrée ici par le développement de la télésanté en relation avec des partenaires publics et libéraux, au bénéfice des résidents du CH, mais également de 19 Ehpad des environs. Là encore, le service public hospitalier a décidé de maintenir une activité au bénéfice de ces patients, alors que celle-ci n’est plus financée depuis la fin de l’expérimentation en 2015…

 

Les villes visitées

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