Starsbourg

26/01/2017

Cap sur l’innovation au CHU de Strasbourg

Les représentants de la FHF étaient le 26 janvier en visite dans un CHU de Strasbourg en pleine évolution, avec l’inauguration récente de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de chirurgie guidée par l’image, et l’ouverture prochaine de l’Institut régional du cancer (IRC) ainsi que d’un « Trauma center » intégré. Une image de la capacité d’innovation du service public.

 

« La FHF portera l’idée que les groupements hospitaliers de territoire peuvent aussi être des « clusters » porteurs d’innovation et de développement pour les territoires », a indiqué David Gruson, délégué général de la FHF, le 26 janvier à Strasbourg. Une halte où il a justement beaucoup été question de développement de la recherche clinique, de techniques de pointe et de projets de modernisation. En dépit d’une situation financière très difficile depuis plusieurs années, le CHU a maintenu le cap de ses investissements, tout en redressant la barre au plan comptable avec une trajectoire de retour à l’équilibre d’ici deux ans.

 

Grands travaux et mutualisation

 

En cette matinée de janvier, c’est d’ailleurs par le spectaculaire chantier du site de Hautepierre (un projet de 250 M€) qu’a commencé la visite du CHU. Ces nouveaux bâtiments accueilleront mi-2018 l’IRC ainsi qu’un plateau médicotechnique et locomoteur (PMTL), qui comprendra une trentaine de salles d’opération et servira aussi de plateau technique pour l’IRC voisin. « Le bâtiment de l’IRC a été conçu dans un schéma intégré et mutualisé entre le CHU et le centre de lutte contre le cancer, avec des équipes communes articulées autour d’un projet médical partagé. Quant au PMTL, ce sera véritable « Trauma center » intégré », a expliqué Christophe Gautier, directeur du CHU.

Après une présentation de l’activité de greffes d’organes particulièrement dynamique à Strasbourg (seul établissement proposant la totalité des greffes d’organes sur un même site), ainsi que des grands axes de recherche du CHU, les représentants de la FHF ont été invités à la visite du service d’imagerie interventionnelle ouvert depuis fin 2012. « Un service unique en Europe », aura noté le Pr Gangi, chef de pôle Imagerie.

 

L’innovation confortée, malgré l’obstacle tarifaire

 

« Nous utilisons une imagerie classique, d’un côté un scanner, de l’autre une IRM », a expliqué le Pr Gangi en désignant les deux écrans qui visualisaient des interventions en cours. L’une sur une fracture vertébrale, l’autre sur une patiente atteinte de deux cancers du rein bénéficiant ici d’une cryothérapie. « Nous passons avec une caméra à travers la peau via une ouverture de 2 mm. Les outils sont guidés jusqu’à la tumeur. Sauf complication, ces deux patientes rentreront chez elles demain. »

Le service rendu au patient, le bénéfice de santé publique et la diminution de la durée de séjour sont patents, aura commenté le Pr Ganji. « Pourtant, nous avons 2 à 3 000 euros de pertes sur ce que vous voyez à l’écran. Nous sommes soutenus par la direction, malgré les déficits actuels, mais cela ne peut pas durer », a-t-il exhorté à l’attention des représentants de la FHF. La tarification s’avère en effet ici totalement inadaptée. « Aujourd’hui, l’innovation n’a pas de cotation, a complété le Dr Feltz, vice-président du conseil de surveillance. Il y a là une réelle difficulté dans sa promotion à l’hôpital. On voit bien l’intérêt pour la société à voir un malade du cancer rentrer chez lui au bout de deux jours. Mais paradoxalement, cela pose un problème d’équilibre financier pour l’établissement qui décide de faire cet effort. »

 

Un gage de visibilité à l’international

 

« C’est pour répondre à cette question du financement de l’innovation dans la durée que la plateforme FHF inclut une proposition de réglage des tarifs et financements des groupes homogènes de séjour, notamment sur le financement de l’innovation en cancérologie », aura réagi David Gruson.

Ce 26 janvier au matin, deux visiteurs du King’s College de Londres assistaient à l’une des interventions d’imagerie interventionnelle. « Ce type de visites, très courantes dans le service, sous-tend notre positionnement international et nous donne de la visibilité, y compris auprès de l’industrie, qui nous supporte ensuite par la mise à disposition gratuite de matériel de pointe », précise le Pr Gangi.

On voit ici que le service public hospitalier a toutes les raisons de maintenir ses efforts d’innovation, malgré la désincitation tarifaire. Et ce à l’encontre de certaines suggestions entendues à l’occasion de l’examen des comptes, aura indiqué Christophe Gautier : « Il est hors de question de remettre en cause nos projets d’investissements ! »

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