Le Bouscat

20/10/2016

L’innovation s’invite à la maison de retraite du Bouscat

Les représentants de la FHF démarraient leur déplacement du 20 octobre 2016 dans le Bordelais par la visite de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du Bouscat. Objectif : s’imprégner de nouveaux exemples de pratiques médico-sociales innovantes dans le secteur public.

 

La Fédération hospitalière de France représente un millier d’établissements de soins mais également quelque 1 500 établissements médico-sociaux, ont rappelé les responsables de la FHF tout au long de leur déplacement en Nouvelle Aquitaine. A l’affût des innovations qui fleurissent silencieusement sur le terrain, ils sont allés le 20 octobre à la rencontre du robot humanoïde Zora !

 

Robot compagnon et téléconsultations

« Nous réalisons un travail intergénérationnel avec des lycéens pour la découverte d’internet. A cette occasion, ce sont les résidents eux-mêmes qui ont découvert l’existence de Zora et qui ont voulu en faire l’essai il y a un an », explique Sylvia Cailliet-Creppy, directrice de l’EHPAD. Piloté à partir d’une tablette, Zora est désormais utilisé quotidiennement lors d’ateliers individuels ou collectifs de gymnastique douce, de parole ou de chant, comme ce 20 octobre au matin… Avec une attraction étonnante, voire une fascination chez certains résidents, dont certains retrouvent l’énergie et une réponse à la stimulation uniquement en présence de ce nouveau compagnon.

Une seconde démonstration de nouvelles technologies a été faite aux représentants de la FHF ce 20 octobre : la mise en relation en « live » avec deux professionnels du CHU de Bordeaux dans les mêmes conditions que les téléconsultations réalisées depuis début 2016 au Bouscat. Celles-ci concernent essentiellement des cas de plaies, ulcères/escarres, lésions cutanées, neurologie et troubles du comportement, psychiatrie, questions éthiques ou soins palliatifs/fin de vie. Les échanges s’articulent entre un entretien préalable avec le gériatre, puis la consultation en présence ou non du soignant de l’EHPAD, avec possibilité parfois pour la famille et le médecin traitant d’être présents. Un compte-rendu est partagé sur la plateforme Télésat. 38 EHPAD procèdent ainsi aujourd’hui avec le CHU. « Votre expérience montre que la robotisation ne remplace pas l’humain mais qu’elle le prolonge », s’est félicité David Gruson, délégué général de la FHF.

 

Soins adaptés : des bénéfices non reconnus par la tutelle

Dernier focus de la FHF au Bouscat, la visite de l’espace PASA (Pôle d’activité et de soins adaptés aux Alzheimer modérés) qui compte une file active d’une quarantaine de résidents souffrant de troubles modérés. Les professionnels ont pu expliciter les activités réalisées ici pour la stimulation des capacités cognitives, motrices, sensorielles…, selon les appétences et les besoins des résidents. Bilan constaté : une baisse des troubles comportementaux et leur disparition au bout de 6 mois en moyenne (sachant qu’ils réapparaîtront si cette prise en charge cesse).

Au vu de la difficulté aujourd’hui d’obtenir la labellisation PASA, le (modeste) forfait financier afférent, et les dérives régulatrices du mode de financement Pathos, « on ne prend pas en compte les mesures prises par un établissement pour l’amélioration du bien-être des résidents et pour la prévention », déplore Sylvia Cailliet-Creppy. « Pourtant une prise en charge en PASA induit une diminution sensible de consommation de psychotropes mais aussi d’antihypertenseurs, de laxatifs… », complète le médecin coordonnateur.

 

 

Pathétique Pathos

Les nécessaires réorganisations et le développement des nouvelles technologies se heurte à ces dispositifs inadaptés, voire dissuasifs, ont témoigné les responsables d’EHPAD présents au Bouscat. L’incompréhension est ici d’autant plus vive face à des dotations perçues comme discrétionnaires, avec un nivellement de toutes les dotations suite à la création de la grande région. Pour l’EHPAD du Bouscat, ceci s’est traduit par une baisse de dotation de l’ordre de 450 000 euros avec un passage du Pathos moyen modéré* de 317 à 234, sans aucune considération liée aux soins ou à la dépendance des résidents.

« Nous sommes pour la fin de sections tarifaires et pour la révision du Pathos, aura conclu sans ambiguïté Sylvia Cailliet-Creppy. Il est insensé qu’un « médecin » règle aujourd’hui le sort de 200 résidents et 160 salariés à partir d’une simple équation mathématique. Ce n’est plus possible. »

 

* En théorie, une évaluation des soins médico-techniques nécessaires pour assumer la prise en charge des pathologies des résidents de l’établissement.

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