Cadillac

19/10/2016

Cadillac : un exemple de spécificité du service public auprès des détenus et des malades difficiles

Spécialisée dans la prise en charge de détenus pour troubles psychiatriques, la huitième Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de France a été ouverte en 2016 par le centre hospitalier de Cadillac, près de Bordeaux. Les représentants de la FHF ont été invités à visiter cette unité – encore une spécificité du service public hospitalier – ainsi que l’Unité pour malades difficile (UMD) contiguë.

 

Autorisation préalable de l’administration pénitentiaire, entrées individualisées après contrôles minutieux des identités… Pénétrer dans « l’hôpital-prison » que constitue lUnité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) obéit à des exigences drastiques. Mais en tant que représentant de tous les acteurs du service public hospitalier, la FHF souhaitait inclure dans son « tour de France » des unités aussi spécifiques que l’UHSA ou l’UMD dans le cadre de sa plateforme politique 2017.

 

UHSA : un « hôpital-prison »

L’UHSA a vocation à accueillir des personnes incarcérées nécessitant des soins à la suite d’une décompensation psychiatrique dans des cas de psychoses, troubles comportementaux, dépressions… Témoin l’impressionnant complexe de Cadillac, aussi sécurisé qu’un établissement pénitentiaire, avec ses deux unités de 20 lits (dont 6 pour personnes vulnérables : femmes, mineurs, etc.). Durée moyenne de séjour : deux mois. Les conditions de sécurité draconiennes ont d’ailleurs des répercussions sur l’organisation du travail, le personnel de soins opérant par tranches de 12 heures à l’UHSA, versus 8 heures à l’UMD.

Si la prise en charge obéit à l’UHSA à la plus stricte discrétion, le dispositif de l’unité pour malades difficiles nous a été plus librement décrit, même si le complexe des cinq unités de l’UMD, clôturées et séparées les unes des autres, est aussi extrêmement sécurisé avec un accès contrôlé.

 

UMD : la prise en charge impressionnante des cas difficiles

Les 86 patients accueillis dans l’UMD de Cadillac (l’une des cinq unités pour malades difficiles de France) vivent en effet ici en milieu fermé, tout en bénéficiant des soins adaptés mais aussi d’équipements sportifs, d’activités artisanales, musicales, d’un jardin potager qu’ils entretiennent eux-mêmes, ou encore d’art-thérapie… Car ici, toute activité est support d’une thérapeutique, nous a-t-on expliqué. Des cours d’éducation thérapeutique sont d’ailleurs aussi dispensés pour certains patients en vue d’une meilleure observance, fondamentale dans des pathologies tels que les troubles bipolaires, comme elle l’est dans toute maladie chronique.

Compte tenu des conditions de prise en charge, les patients sont en fait moins agités en UMD qu’en milieu psychiatrique ordinaire, où ils retournent en moyenne au bout de huit mois. Le faible turnover, aussi bien côté patients que personnel paramédical*, favorise la connaissance mutuelle synonyme de confiance et de prise en charge optimale. Une connaissance qui s’avère primordiale s’agissant de cas graves et par définition imprévisibles, notamment dans la schizophrénie.

L’unité est équipée en matériel d’électroconvulsivothérapie (électrochocs) réalisée ici trois jours par semaine sous anesthésie pour les patients résistant à tous les autres traitements. Une prise en charge de substitution « quasi miraculeuse » dans les dépressions, par exemple. Mais qui nécessite toute l’expertise et la sécurité du service public hospitalier.

 

* Ratio de quatre infirmiers et un aide-soignant pour 19 patients.

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