Canteleu

13/09/2016

Avec l’IDEFHI, le social s’invite dans la réflexion de la FHF sur les filières de soins

La Fédération hospitalière de France (FHF) a la volonté de renforcer les liens entre mondes sanitaire et médico-social autour des filières de soins. La visite le 13 septembre de l’Institut départemental de l’enfance de la famille et du handicap pour l’insertion de Seine-Maritime (IDEFHI) s’inscrivait dans cette démarche.

Anciennement rattaché au Département, l’IDEFHI a été érigé en établissement public en 2008 pour devenir la seconde structure sociale et médico-sociale par la taille en France*, avec un monopole de l’accueil d’urgence sur la Seine-Maritime dans le champ de la protection de l’enfance. Les échanges du 13 septembre avec les dirigeants de la FHF ont montré que l’Institut est emblématique de ce que représente l’appartenance à la Fédération : le continuum de la prise en charge à travers toutes les missions de service public de l’hôpital jusqu’à l’ensemble des filières médico-sociales et la ville.

 

Un cloisonnement synonyme de pertes de chances

La nécessité d’un suivi coordonné continu est illustrée par quelques chiffres alarmants indiqués par l’IDEFHI : 35 % des SDF sont passés par la protection de l’enfance, 15 % des bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance (ASE) relèvent aussi de la filière handicap (essentiellement chez des adolescents), et la moitié d’entre eux nécessitent aussi une prise en charge psychiatrique… C’est pourquoi l’IDEFHI met aujourd’hui l’accent sur ses politiques d’accompagnement (en éducation, insertion, et santé). « Etablir un projet personnalisé harmonisé entre les services pour favoriser la continuité des parcours, constitue un vrai défi, a témoigné Eric Gounel, directeur de l’IDEFHI, en présence des responsables nationaux de la FHF. Avant nous travaillions surtout avec les jeunes. Aujourd’hui, nous devons accompagner les familles en lien avec tous les professionnels impliqués. »

 

Des équipes pluridisciplinaires et mobiles

« La nécessité de projets coordonnés cohérents nous amène à mettre en place des équipes pluridisciplinaires et mobiles », explique Jeanne Perrin, chef de projet sur ces politiques d’accompagnement. L’impact massif de la psychiatrie sur les services adolescents de l’IDEFHI démontre encore l’imbrication du sanitaire, non seulement avec le médico-social, mais également avec le social, alors que ce secteur est relativement démuni en professionnels de santé. Un nouvel exemple de l’aberration des cloisonnements dénoncés par la FHF. « On constate que la marche est souvent trop haute entre le centre hospitalier régional et une structure comme la nôtre, note Fabienne Bassot, directrice des politiques d’accompagnement. Il manquerait un stade intermédiaire avec une unité thérapeutique évitant un retour trop rapide dans l’ASE et, incidemment, des hospitalisations évitables… »

 

Stratégie d’ouverture sur la ville et l’hôpital

L’un des axes stratégiques de l’IDEFHI est d’ailleurs son ouverture sur son environnement. Chargée de mission Politiques de santé à l’IDEFHI, le Dr Karine Decaux-Godin travaille aussi au CHU et explique que l’IDEFHI « collabore énormément avec les médecins libéraux et hospitaliers, notamment sur l’aigu. C’est un travail de réseau ». Deux diagnostics – interne et externe – ont été réalisés pour revoir la politique de santé de l’IDEFHI dans le sens des coopérations et d’une prise en compte de la prévention. « Il s’agit aussi de veiller au bien-être des professionnels », dans un secteur extrêmement difficile, a-t-on expliqué, notant l’âpreté que peut représenter notamment la prise en charge des adolescents sur le terrain. Un travail de fond qui fait espérer aux responsables du CHU de Rouen une association étroite de l’IDEFHI au sein du GHT, le CHU venant de créer un pôle de Santé publique incluant un département Promotion de la santé.

Les représentants de la FHF ont eu à l’IDEFHI le 13 septembre la confirmation du besoin vital de décloisonnement qu’ils appellent de leurs vœux pour pouvoir continuer à garantir l’accès aux soins.

 

* Focalisé sur la protection de l’enfance (à 70 %) et le handicap (30 %), l’IDEFHI accueille environ 2 000 jeunes et dispose d’un ESAT en sus de ses ateliers professionnels et de ses 173 structures d’accompagnement (hébergement d’accueil et milieu ouvert), pour un budget de 71,8 M€ dont 52,6 M€ venant du Département.

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