Thuir

6/07/2016

Le CHS de Thuir, cheville ouvrière de la communauté psychiatrique de territoire

Le tour de France de la FHF s’arrêtait à Thuir le 6 juillet 2016 pour la visite du centre hospitalier psychiatrique (651 lits et places). Un établissement déjà bien inscrit dans la coopération territoriale avec une expérience inédite de pharmacie partagée, et qui a pris l’initiative d’une communauté psychiatrique de territoire en dérogation à l’intégration au GHT.

La communauté psychiatrique de territoire (CPT) des Pyrénées orientales associera le centre hospitalier spécialisé (CHS) de Thuir, le secteur privé (deux cliniques), les psychiatres libéraux (en voie de raréfaction), le secteur médico-social… « Je pense qu’il faudra même y associer certaines municipalités, estime le Dr Raynaud, président de la commission médicale d’établissement (CME) du CHS. Nous avons depuis des années des collaborations bien en place avec la ville, où les structures liées au domaine psychiatriques obéissent toutes à une logique de filière à l’échelle du département », explique-t-il.

Un déploiement accru au domicile

Le CHS de Thuir a pris depuis longtemps le parti de multiplier ses missions à domicile. Une stratégie gagnante puisqu’elle débouche sur une réduction du nombre et de la durée des hospitalisations, explique le Dr Raynaud. Elle répond aussi à la « sur-occupation » des lits et au manque de places dans les filières avales. « J’ai espoir que la communauté psychiatrique de territoire va fluidifier les choses, avance le Dr Raynaud. Notre redéploiement sur le territoire sera encore plus intensif. » La formule de la CPT devrait être gagnante pour tout le monde, estime-t-il : moins d’hospitalisations aiguës pour les patients, un exercice apaisé pour les professionnels, un coût moindre pour la collectivité…

« La FHF accompagnera la psychiatrie en fonction des choix effectués sur chaque territoire, et notamment sur les projet de CPT », a commenté David Gruson, délégué général de la FHF, lors de cette visite. Un dispositif d’accompagnement est sur les rails, a-t-il rappelé, avec une aide à la construction des projets médicaux partagés (PMP) sur le volet psychiatrie, et un soutien possible de SPH Conseil (filiale de la FHF spécialisée dans les partages d’expériences et d’expertises).

Un groupement de coopération sanitaire sur le médicament

Comme souvent lors de ce tour de France, l’accent aura aussi été mis à Thuir sur les difficultés d’attractivité du service public dans un contexte de sous-densité médicale. « Ce qui fait rester des psychiatres dans le public, c’est sa capacité à faire aboutir des projets », estime le Dr Raynaud. Autre levier mis en avant, la politique d’assistants partagés appliquée par le CHU de Toulouse.

L’équipe du CHS a par ailleurs présenté le projet territorial Pharmacopée, groupement de coopération sanitaire (GCS) réunissant depuis un an dix structures sanitaires et médico-sociales publiques et associatives sans pharmacie à usage intérieur, pour préparer les doses à administrer aux résidents. Le robot principal, installé au CHS de Thuir, permet la préparation de sachets scellés assurant la traçabilité. A la clé, la possibilité de récupérer les médicaments non consommés et surtout un taux d’erreur passé de 20 % à… 2 pour mille !

La délégation nationale de la FHF aura conclu avec une visite d’une unité du CHS ainsi que de l’établissement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de 115 places en direction commune, inauguré il y a 18 mois. Un travail architectural impressionnant basé sur l’afflux de lumière et la généralisation des chambres seules. Côté médicalisation, l’EHPAD illustre une situation souvent rencontrée lors de ce tour de France avec la présence d’une unité fonctionnant comme une UHR (hébergement renforcé)… sans être labellisée pour cela. Nouvelle preuve, s’il en était besoin, de l’attachement à la notion de service public avec une adaptation et un effort permanents des agents, même en l’absence de financements à la hauteur de leur mission.

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