Montpellier

6/07/2016

CHU de Montpellier : innover, toujours innover

Plusieurs responsables nationaux de la FHF ont été reçus le 6 juillet 2016 au CHU de Montpellier en conclusion de leur tournée occitane dans le cadre du tour de France de la Fédération. L’occasion, là aussi, d’évoquer des relations complexes avec l’agence régionale de santé (ARS), ce qui n’empêche pas le CHU de se vouloir « conquérant » et innovant.

Quel est – et quel devrait être – le positionnement de l’ARS vis-à-vis de la gestion hospitalière ? Souvent débattue dans le cadre du tour de France de la FHF, et notamment en Occitanie, cette question a resurgi de manière pregnante lors des échanges avec les responsables du CHU de Montpellier. «  Il est impossible de vivre dans une incertitude généralisée », aura résumé Thomas Le Ludec, directeur du CHU.

Une ARS qui suscite l’incompréhension

Alors que le secteur privé tient des positions fortes sur Montpellier où le secteur libéral est par ailleurs très dynamique, « le CHU souffre de l’absence de support, déplore le Pr Patrice Taourel, président de sa commission médicale d’établissement (CME). C’est le cas au niveau architectural, mais cette ARS – d’inspiration très libérale – prend également peu de décisions sur la structuration de l’offre de soins », estime-t-il. Pour Michel Thiriet, délégué régional de la fédération Occitanie, « nous avons là un exemple de pratiques diverses et de différences de traitement dans les deux (anciennes) régions de la grande région » (comme cela est aussi visiblement le cas dans d’autres régions fusionnées).

Le 6 juillet, le CHU attendait toujours que l’ARS statue sur son état de prévision de recettes et dépenses (EPRD) qui prévoyait une hausse de 1,48 % de la masse salariale respectant les contraintes du plan de retour à l’équilibre. L’ARS aurait voulu une hausse de 1,25 %, demande qui aura suscité l’incompréhension des équipes. En effet, le CHU a déjà réduit ses effectifs de 460 postes dans le cadre de son plan triennal et il est à l’équilibre depuis deux ans, alors même qu’il doit faire face à une évolution démographique forte et à une augmentation de la précarité sur le territoire.

Oui à une culture de l’efficacité… qui a du sens

« Nous avons montré que nous sommes capables de faire des choix en matière de projets médicaux pour répondre aux exigences qui nous sont demandées», a expliqué le Pr Taourel, en prenant pour exemple l’arrêt de la chirurgie plastique au CHU. La communauté médicale a intégré la culture de l’efficacité avec une acceptation de l’évaluation coût/efficacité. Mais un tel plan ne devrait pas nous empêcher d’être conquérants. Aujourd’hui les médecins sont prêts à aller à l’épreuve de force avec l’ARS car nous trouvons que rien ne bouge sur la forme comme sur le fond. »

« A la limite, nous pouvons admettre de ne pas comprendre une décision de l’ARS, mais nous ne pouvons pas admettre de ne pouvoir l’expliquer aux équipes et de ne pouvoir donner du sens à leur travail, a complété Guillaume du Chaffaut, directeur général adjoint du CHU, en présence de la délégation de la FHF. Et ce dans un contexte de difficultés d’attractivité de l’hôpital public (largement évoquées dans toutes les haltes occitanes de la FHF).

Une forte capacité d’innovation, malgré tout

Dans un contexte local par ailleurs déjà très sensible, le CHU a ainsi priorisé la qualité de vie au travail, explique-t-on. Un groupe « Bien-être au travail » (BEAT) mène depuis 2013 des travaux sur les coopérations présentes et futures entre médecins et direction. Autre exemple, le dispositif « Erreurs, incidents, accidents liés aux soins » (EIAS) est destiné à comprendre ce type d’erreurs sans culpabiliser les professionnels, avec un panel de 19 accompagnants (médecins, IDE, administratifs). Un travail de prévention des risques professionnels et psychosociaux a enfin été développé.

En dépit de circonstances pénalisantes, les équipes hospitalières publiques démontrent chaque jour leur capacité d’innovation, avec par exemple un neurologie de renommée internationale. C’est aussi ce qu’a voulu démontrer Thomas Le Ludec à travers la présentation de quelques belles réalisations du CHU. Par exemple, le Centre régional d’accueil des patients traumatisés sévères, créé en 2013 (1 000 patients pris en charge en deux ans), a permis le développement d’un filière d’excellence médicale et paramédicale plaçant le CHU en position de centre leader au plan national… Le CHU est aussi à l’initiative d’un partenariat public-privé sur les TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation) qui fait du centre de Montpellier le premier de France dans ce domaine. La direction du CHU aura encore souligné le soutien de la recherche avec l’exemple des contrats « forts chercheurs » initiés en 2011 (8,2 M€ de retour fin 2015 pour un investissement de 4,5 M€). Preuves que la communauté hospitalo-universitaire fait front malgré tout et reste mobilisée sur ses missions.

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