Carcassonne

6/07/2016

A Carcassonne, le service public dit sa motivation et son inquiétude

Après une première journée passée en (ex)-Midi-Pyrénées, des représentants de la FHF se rendaient le 6 juillet 2016 au matin à Carcassonne à la rencontre d’une vingtaine d’adhérents, aussi bien hospitaliers que médico-sociaux. Des professionnels emplis d’espoirs comme de craintes vis-à-vis des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

« Vous avez réussi le tour de force, dans un même espace-temps, de fusionner vos fédérations hospitalières régionales (FHR) et de porter les GHT, a encouragé David Gruson, délégué général de la FHF, en introduction de cette rencontre. La montée en charge de la fédération régionale [deux délégués permanents] permettra d’en décupler l’impact pour plaider la cause des établissements publics, notamment auprès de l’agence régionale de santé (ARS) », a-t-il complété.

Jusqu’où pourra-t-on garantir l’accès aux soins ?

A Carcassonne, Alain Guinamant, directeur du centre hospitalier (CH), a en effet démontré à travers quelques cartes géographiques très documentées, que le service public hospitalier est parfois le seul garant de l’accès aux soins, compte tenu de la répartition contrastée de l’offre. Ce en dépit d’une présence importante mais très concentrée du privé. La gériatrie, la pédiatrie, l’ophtalmologie ou encore la gynécologie…, sont ainsi « difficilement accessibles » sur les reliefs (45 % de la région). Autre enjeu sanitaire, les temps d’accès aux urgences ou aux maternités. « Il y a ainsi une absolue nécessité de maintenir des antennes SMUR, certaines servant aussi de dispensaire en médecine générale », a illustré Alain Guinamant.

C’est dans ce contexte qu’a été constitué l’un des plus petits groupement hospitalier de territoire de la grande région, avec trois établissements complémentaires : Carcassonne (MCO de recours), Castelnaudary (urgences, plateau technique…) et Limoux-Quillan (dans un rôle majeur, étant donné la grande précarité et la sous-densité médicale locale). Compte tenu des inquiétudes liées à la démographie médicale, « il y a moins de problématiques que d’opportunités avec les GHT », a-t-on noté parmi les professionnels présents qui alertent cependant sur la fuite vers le privé et le récent déséquilibre de l’intérim médical. Un chasseur de tête cherchait récemment un radiologue pour deux cliniques, à quatre jours par semaine, avec une astreinte par an et huit semaines de congés annuels pour… 20 000 € net par mois ! L’attrait du service public pèse bien peu face à ce type d’annonce, ont alerté plusieurs médecins présents, insistant auprès de la FHF pour une révision drastique du numerus clausus.

GHT : les espoirs du secteur médico-social

Côté médico-social, les professionnels ont témoigné leur espoir d’avoir accès à davantage de moyens médicaux et de spécialités…, en fonction des logiques de territoires. Un point de vue partagé et évoqué régulièrement lors de ce tour de France. C’est pourquoi David Gruson a rappelé les différents positionnements s’offrant aux établissements médico-sociaux vis-à-vis des groupements hospitaliers de territoire : adhésion initiale ou bien schémas de préparation à l’adhésion, soit par des conventions d’association, soit via d’un groupement de coopération social et médico-social correspondant au périmètre du GHT. Dans tous les cas, il faudra monter un pilier vieillissement/handicap au sein du GHT et un mode de pilotage coordonné entre EHPAD autonomes et ceux dépendant d’un hôpital, a-t-il insisté.

Eviter une dérive technocratique

La seule raison d’être du GHT est le projet médical partagé (PMP), ont insisté tous les acteurs, craignant que l’ARS finisse par considérer les GHT de la région comme ses seuls 13 interlocuteurs. « Vous avez raison, il y aura certainement cette tentation, a réagi Cédric Arcos, délégué général adjoint de la FHF. Les membres de la Fédération doivent réexpliquer sans relâche que les GHT sont des outils de gradation et de coordination des soins, pas des outils technocratiques ! » A cet égard, rien n’impose que l’établissement pivot porte la voix du groupement sur tous les sujets, a d’ailleurs suggéré David Gruson.

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