Toulouse

5/07/2016

Le CHU de Toulouse en mode GHT

Une délégation nationale de la FHF rencontrait le 5 juillet 2016 au soir le directoire élargi du CHU de Toulouse en vue de sa plateforme politique 2017. Au cœur des discussions, la transformation du rôle des CHU, l’attractivité du secteur public ou encore l’inadaptation des modes de financement à la territorialité et à la recherche.

La question d’actualité des groupements hospitaliers de territoire (GHT) a d’emblée occupé le débat le 5 juillet au CHU, alors que l’encre des conventions constitutives était à peine sèche. A Toulouse, cette territorialisation met en évidence la synergie entre hôpital et université, mais aussi entre le CHU et les autres établissements, a-t-on commenté : « Les hospitalo-universitaires se déplacent désormais sur le terrain, c’est assez nouveau. »

Vers un CHU qui se projette sur le territoire

Ici, les GHT sont vus comme un atout. « Face aux stratégies du privé, nous garderons une expertise sur les territoires périphériques à travers les téléconsultations, tout en permettant aux établissements de proximité de rendre un réel service. Mais ceux-ci doivent être assurés qu’ils garderont le suivi des patients une fois stabilisés après le recours au CHU », a analysé un chef de pôle. Afin de conforter la confiance vis-à-vis du CHU, la répartition des internes, jugée « exemplaire » en Midi-Pyrénées, jouera beaucoup, estime le doyen. Pour aller plus loin, il faudra cependant déverrouiller l’exercice multi-sites, le régime économique de la télémédecine/téléconsultation, voire les statuts, a réagi David Gruson, délégué général de la FHF. « A la Paris Healthcare Week (Hôpital Expo), le président de la FHF a tracé cette perspective de redynamisation de l’hospitalo-universitaire, a-t-il commenté. Le « moteur » soins-enseignement-recherche qui était au cœur des ordonnances Debré reste d’une grande modernité mais il faudra s’adapter à un monde où l’hôpital se projette sur les territoires. »

Les Français en mode GHT… sans le savoir

Pour Raymond Le Moign, directeur du CHU de Toulouse, les GHT constitueront même un moment de « re-légitimation » de l’hôpital public. « Dans ce contexte, je pense que la FHF peut nous aider pour faire pièce au sentiment de perte de sens que connaissent nos organisations professionnelles », a-t-il plaidé.

Ce jugement s’avère très juste si l’on se réfère au récent Baromètre Santé 360° réalisé par Odoxa, a fait remarquer David Gruson : « Les Français connaissent mal les GHT (à 10 %) mais ils adhèrent à leurs objectifs lorsqu’on les décline en questions. C’est quelque chose sur lequel nous pouvons capitaliser », a noté le délégué général en faisant référence à l’appétence des Français pour le numérique. La télémédecine sera source d’efficience, participera à la recomposition de l’offre de soins et constituera une piste pour l’attractivité du secteur public, estime-t-il.

Modes de financements d’un autre temps

En Occitanie, la première question abordée entre les différents CHU à propos des GHT a été la couverture des urgences, a-t-on expliqué par ailleurs. « Ceci montre qu’il manque une brique à l’édifice », a encore commenté David Gruson : l’évolution des modèles de financement pour favoriser le déploiement de ressources médicales en premières lignes. Surtout dans un contexte de sous-densité médicale critique accentué par des différentiels de rémunération intolérables avec le privé dans certaines spécialités, ont alerté plusieurs membres de la communauté médicale.

La valorisation de la recherche clinique est enfin l’un des points sur lesquels les responsables du CHU on tiré la sonnette d’alarme, car elle est devenue plus contraignante qu’attractive faute de rémunération et d’intérêt direct pour les équipes, a-t-on expliqué. « Nous réfléchirons à l’idée de GHT « clusters d’innovation » pouvant se superposer à la carte du développement économique incluant les technopôles, pôles de compétitivité…, a commenté David Gruson. Pour bien expliquer aux décideurs que si l’on coupe les crédits à l’innovation, ceci aura un effet massif sur la croissance. »

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