Tarbes

5/07/2016

En Bigorre, des coopérations territoriales souhaitées mais à encourager davantage

Les relations avec les autorités sanitaires et sociales ont été au centre de la rencontre de la délégation nationale de la FHF, le 5 juillet 2016 à Tarbes, avec les professionnels du centre hospitalier Bigorre (CHB) et d’établissements environnants. Un territoire avant-gardiste sur les coopérations mais qui se heurte à des obstacles administratifs pour les mener à bien.

« Nous sommes déjà dotés d’équipes territoriales avec des postes partagés en diabétologie, pneumologie, neurologie, néphrologie, ophtalmologie, ORL, chirurgie cardiaque…, ceci avec un département d’information médicale commun, explique le Dr Capdepon, président de la CME. Nous avons aussi des consultations avancées à Lourdes et de nombreuses habitudes de travail communes. » En cardiologie, une consultation avancée de Tarbes au CH de Bagnères-de-Bigorre permet à celui-ci d’assurer l’accès aux soins suite à la fermeture d’un cabinet de ville, tout en enrayant la fuite de l’interventionnel de Tarbes vers le privé. « Mais pour approfondir les coopérations, il faudra que les établissements qui y engagent des moyens trouvent leur juste rétribution », explique Pascal Capdepon. D’où la nécessité de revoir le modèle MIGAC qui ne prévoit pas la mission de service public liée à la territorialité, a abondé David Gruson.

Le médico-social en attente de partenariats

L’après-midi même, divers représentants du monde médico-social de Midi-Pyrénées ont, eux aussi, déploré l’absence d’homogénéité et de clarté des décisions des autorités départementales sur la dépendance et le handicap. Les acteurs médico-sociaux ont par ailleurs plébiscité la construction de parcours médicaux depuis l’enfance jusqu’à l’âge l’adulte, qui nécessiteront des partenariats avec l’hôpital. Un souhait conforté par Michel Thiriet, délégué régional de la FHF : « Même si le médico-social n’intègre pas tout de suite les groupements hospitaliers de territoire, il a toute sa place dans les stratégies de groupes publics en construction. Il y aura plusieurs générations de GHT. Il faut se préparer. » Un raisonnement appuyé par Cédric Arcos, délégué général adjoint de la FHF, insistant sur la nécessité d’un secteur public qui parle d’une même voix : « Les GHT constituent ici une opportunité, quelles que soient leurs difficultés, leur technicité et l’enjeu de repositionnement des ARS. Se dessine ici un enjeu majeur de consolidation du service public autour des filières de soins. »

Vers la « révolution téléconsultation »

Pour faciliter les coopérations, le développement de la télémédecine/téléconsultation est une évidence, mais il passera par un « déverrouillage » de sa tarification, a une nouvelle fois martelé David Gruson. « Il y a une assimilation juridique entre l’acte médical et l’acte télémédical… mais pas financière ! L’enjeu est énorme car il a un sens au plan territorial mais peut aussi avoir un effet positif en termes de délégations de tâches et devenir un levier de revivification de l’exercice médical hospitalier avec des possibilités d’exercice combiné. » La croissance des consultations externes en résultant pourrait conduire à un « renversement complet » à prendre en compte dans les prochaines années, a conclu Pascal Capdepon.

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