Blois

22/06/2016

A Blois, médecins et directeurs affichent volontarisme… et difficultés

Une trentaine d’adhérents de la FHF Centre-Val de Loire se sont réunis le 22 juin à Blois pour présenter à la délégation nationale de la Fédération hospitalière de France quelques éléments caractéristiques du secteur public régional. Avec des initiatives particulièrement remarquées.

« Nous rencontrer sur le terrain est une très bonne initiative pour avoir une perspective différente, imaginer des solutions inventives, s’est félicité d’entrée Marc Gricourt, président du conseil de surveillance du centre hospitalier (CH) de Blois et maire de la ville, à l’attention des dirigeants de la FHF. Comme lors des précédentes étapes, l’exercice a plu… et s’est en effet avéré précieux.

Parmi les initiatives régionales présentées, les premières conférences hospitalières universitaires ont particulièrement retenu l’attention. Dans la perspective de nourrir concrètement les conventions d’association entre le CHRU de Tours et les six CH supports de groupements hospitaliers de territoire (GHT) de la région, cinq jours de débats début mai entre 140 chefs de services de 16 disciplines (en présence de l’agence régionale de santé) ont abordé quatre chantiers : la « stratégie de prise en charge commune et graduée des patients » (avec le but de réduire les taux de fuite), la gestion prévisionnelle des emplois médicaux, la gestion des étudiants, internes et assistants partagés, et la collaboration possible en recherche clinique. A charge pour les CH supports d’inclure ensuite dans la réflexion tous les autres établissements, a insisté Olivier Servaire-Lorenzet, directeur du CH de Blois, « car la ressource est rare et doit être partagée au-delà des statuts juridiques ».

Démographie critique

Quelques minutes auparavant, Olivier Michel, président de la commission médicale d’établissement (CME) de Bourges, avait en effet évoqué le « problème majeur » de la démographie médicale dans la région (129,6 médecins généralistes/ 100 000 habitants contre 155,2 au plan national ; 140 spécialistes versus 181,3…) avec en parallèle un nombre alarmant de postes vacants et parfois un fort recours à l’intérim. Une situation qui impacte également de manière critique le secteur médico-social. « Dans des logiques de groupes, nous devrons ainsi construire une collaboration gagnant-gagnant entre établissements au sein de nos GHT, sans endosser la contrainte économique. A l’ARS de prendre en parallèle les responsabilités qui sont les siennes », a ainsi précisé Olivier Boyer, directeur du CHR d’Orléans, au détour d’un focus sur l’activité de sept petites maternités. Pour la Fédération hospitalière de France, la question des seuils d’effectifs n’est pas un tabou, s’agissant de la sécurité des soins, a rappelé David Gruson, délégué général de la FHF : « Mais peut-être faudrait-il avoir une approche territoriale de ces seuils dans certaines spécialités. »

Dans la région, le périmètre départemental des GHT n’a suscité ni crispations, ni craintes spécifiques, notamment de la part des hôpitaux locaux, a précisé Olivier Servaire-Lorenzet, même s’il y a débat sur la psychiatrie. « Tous les acteurs ont souhaité être dans la réflexion. Si l’exercice suscite des interrogations, il en ressort aussi beaucoup d’engouement  », a-t-il conclu.

Médico-social : le salut par les GHT ?

Les représentants de la FHF se sont félicités de ce climat de confiance et de la place laissée ici au secteur médico-social. Un secteur qui souffre néanmoins, ont détaillé plusieurs responsables d’établissements : relations tendues avec les autorités de tarification, non-renouvellement des conventions tripartites, arrêt des projets de reconstruction, tendance à la suppression de l’habilitation totale à l’Aide sociale, difficultés de recrutement… « Nous sommes très seuls », a indiqué une directrice. D’où une attente particulière vis-à-vis des GHT ou encore du groupement de coopération Achats régional, qui connaît un vif succès au point de bientôt étendre ses compétences bien au-delà des produits de santé et de l’hôtellerie.

En dépit de ces difficultés, le secteur médico-social public démontre aussi sa capacité d’innovation, avec par exemple une expérimentation de PAERPA (parcours de santé des aînés) ou encore le programme PAIS (plateforme alternative d’innovation en santé), qui met en réseau 24 médecins libéraux du Loir-et-Cher pour les astreintes en contrepartie d’un temps de secrétariat. La FHF aura jeté un regard aiguisé sur cette initiative qui avait déjà retenu l’attention de la Cour des comptes… et maintenant celle de Matignon !

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