Saint-Dié-les-Vosges

2/06/2016

Les hôpitaux locaux expriment leurs interrogations à Saint-Dié

Hasard du calendrier, la visite du centre hospitalier (CH) de Saint-Dié par une délégation de la FHF tombait le 2 juin 2016 avec une réunion du comité de pilotage du groupement hospitalier de territoire (GHT) des Vosges. L’occasion d’entendre quelques craintes, notamment de la part des hôpitaux locaux.

Dans un contexte de coopération historique dans le sud Lorraine, l’intérêt des collaborations territoriales ne fait pas débat. Mais c’est le « comment » des GHT (et leur niveau d’intégration) qui pose questions. « Nous partons pour une aventure de 10 ans, mais avec quelle anticipation des autorités sanitaires ? », s’est interrogé Mathieu Rocher, directeur du CH de Saint-Dié, en accueillant une délégation de la FHF, le 2 juin. « Les GHT nous interrogent énormément, a abondé Claude Demange, président de CME. Une appréhension partagée au sein de l’assemblée d’une quinzaine de directeurs et présidents de CME présents, soucieux que chaque établissement puisse garder « son identité » tout en participant à des filières au bénéfice des patients.

Une volonté de réassurance

Déjà habitués de longue date à collaborer dans le cadre d’un groupement de coopération sanitaire (GCS) préexistant en centre et sud Lorraine, les professionnels des deux GHT préfigurés par l’ARS sur ce territoire du GCS plaident même pour un seul grand GHT réuni. Le département des Vosges se caractérise par un relatif isolement mais aussi par un maillage territorial fort, notamment grâce aux (ex)-hôpitaux locaux (HL). « Officiellement, les HL n’existent plus mais pour les patients, il y a « l’hôpital » tout court ! Notre rôle demande à être confirmé », a commenté Sylvie Sombret, directrice de deux HL. « L’accompagnement jusqu’au domicile au milieu d’un véritable désert médical. Là est sans doute notre rôle », a complété Richard Claudon, également directeur de deux HL vosgiens. Les responsables d’hôpitaux locaux ont exprimé leur souci de trouver leur place entre les stratégies de groupes publics et les stratégies de groupes privés qui sont à l’œuvre David Gruson a de son côté affirmé la volonté de la FHF de lutter contre la possible tendance des ARS à la concentration des moyens, et s’est voulu rassurant sur « le rôle de plus en plus nécessaire des HL » dans un contexte de « déprise » de la permanence des soins en ville.

Pour un CHU « rayonnant » et non « concentrant »

A l’écoute des intervenants, le Pr Claudon, président de la conférence nationale des CME de CHU, aura insisté sur la nécessité de « se voir régulièrement, d’apprendre à se connaître. Car notre rapport bien compris devra être basé sur la confiance ». Mais il faudra aussi « que le CHU soit rayonnant et non concentrant », a réagi un directeur. A l’exemple du lien cultivé entre Nancy et Saint-Dié. La visite du CH par les représentants de la FHF a bien montré cette complémentarité à travers l’exemple de sa salle de déchocage. Equipée en télémédecine entre les urgences de Saint-Dié (26 000 passages en 2015) et la neurologie du CHU, elle permet de décider et réaliser des thrombolyses immédiates, avec à la clé un gain de chances pour le patient…

Pour une révision de la T2A

Lors d‘une ultime réunion en présence de salariés du CH de Saint-Dié, une représentante du personnel aura pointé les efforts financiers incessants réalisés au sein des établissements. « Nous avons aussi en ce moment le sentiment d’une mécanique consistant à transférer le déficit de l’assurance maladie vers les hôpitaux, alors que les efforts de productivité n‘ont jamais été aussi forts, a conclu David Gruson. Certaines missions que vous remplissez dans l’hospitalisation publique en substitution d’opérateurs privés et d’acteurs libéraux ne sont pas valorisées. A nous de faire des propositions dans le cadre des GHT pour faire évoluer la tarification à l’activité (T2A). »

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