Nancy

2/06/2016

Le niveau d’intégration des GHT discuté à Nancy

Les responsables nationaux de la Fédération hospitalière de France rencontraient le 2 juin à Nancy la direction du CHU ainsi qu’une trentaine d’adhérents de la FHF. La question des positions relatives des acteurs publics au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT) y a été prégnante.

Tandis que le CHU de Nancy applique depuis plus de deux ans un « plan de fondation » synonyme de restructurations, il s’inscrit dans une dynamique de rayonnement territorial. D’abord au sein du groupement de coopération sanitaire sud Lorraine, plébiscité par les acteur locaux, mais aussi au quotidien avec l’Institut de cancérologie de Lorraine, et au-delà comme centre de recours en Lorraine et dans tout le Grand Est. Dans ce contexte, la place des CHU dans le nouveau paysage territorial des GHT a été largement évoquée le 2 juin.

La « juste » place du CHU

Il faudra déjà une clarification des agences régionales de santé (ARS) sur ce qu’est un CHU de référence et sur ce que doivent/peuvent être les déclinaisons d’association du/des CHU aux GHT, a-t-on noté. « A cet égard, attention à la notion de « libre service » auprès du CHU. Le centre hospitalier universitaire est une maison commune au service de la région, certes, mais attention à ne pas le déstabiliser », a mis en garde Bernard Dupont, directeur du CHU de Nancy, insistant sur la nécessité d’un projet médical collectif « qui joue sur les filières en faisant fi des intérêts individuels des établissements ».

Sur le degré d’intégration des GHT, Jérôme Goeminne, président du CH de Lunéville, s’est fait le porte-parole des « petits établissements », estimant qu’ « il faudra parfois des démarches plus fédératives qu’intégratives. Sur un territoire de 20 km2 en région parisienne avec une direction commune, il n’y aura pas de débat, la démarche sera intégrative. En revanche, sur un territoire très large comme la Lorraine, un GHT intégratif n’a pas de sens. Mais nous ne pouvons qu’être favorables au développement de filières publiques », a-t-il noté en se félicitant de l’ambiance dans laquelle les GHT se construisent en Lorraine.

Des volets Psychiatrie et Médico-social

Quant aux hôpitaux locaux, « ils constituent une charnière indispensable entre médecine libérale et monde hospitalier, a rassuré Bernard Dupont. Dans les GHT, il faudra tenir compte de leurs problématiques très spécifiques. » Ce ne sont pas les gros établissements qui prendront les décisions pour eux, a-t-on assuré.

Les responsables d’établissements médico-sociaux (EMS) ont eux insisté sur l’importance d’un « pilier Gérontologie » au sein du GHT et de son projet médical si l’on veut voir les EMS adhérer.

Côté psychiatrie, la Lorraine a fait le choix d’une articulation au sein de groupements polyvalents avec un volet Psychiatrie des projets médicaux partagés rédigé par les psychiatres eux-mêmes. Un point fondamental pour tous les représentants de centres hospitaliersspécialisés (CHS) présents le 2 juin, de même que la représentation de la psychiatrie à tous les niveaux décisionnels des GHT.

Le service public, garant de l’accès aux soins 

On voit aussi cette polyvalence à Nancy à travers l’articulation très étroite avec l’Institut de cancérologie de Lorraine, ou encore à Metz avec le service de santé des armées (Hôpital Legouest). Pour assurer la cohérence de ces coopérations au sein des GHT, il faudra une direction de l’information médicale (DIM) de territoire, estime Marie-Odile Saillard, directrice du CHR de Metz. Des données seront en effet nécessaires au suivi des filières. Le Pr Claudon, président de la CME du CHU de Nancy, aura aussi, en conclusion, évoqué l’importance pour ce suivi d’une « clause de revoyure » entre acteurs publics aux niveaux local comme national. « Se rencontrer, c’est ce qui donnera la confiance nécessaire à la réussite des GHT et des parcours patients. »

« Que nous soyons MCO, EMS, hôpital local, CH, CHR…, nous sommes les derniers garants de l’accessibilité aux soins sur le territoire de la République. Je crois à la revivification de la notion de service public », a commenté David Gruson en mettant en garde les ARS contre la tentation de concentrer les moyens dans les capitales régionales.

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