Versailles

18/05/2016

Versailles : 
recherche et pôles de référence, une recette gagnante

La délégation nationale de la FHF se déplaçait au centre hospitalier de Versailles (CHV) le 18 mai 2016 pour entendre la problématique d’un établissement situé entre petite et grande couronne. Soumis à une forte concurrence locale, le CHV mise sur la recherche clinique et la coopération territoriale.

« Versailles peut être un véritable laboratoire car nous concentrons les forces et menaces des établissements généraux d’Ile-de-France », a argumenté Pierre Panel, président de la commission médicale d’établissement (CME), à l’occasion de cette rencontre avec Frédéric Valletoux et David Gruson, respectivement président et délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF). Le CHV est confronté à une forte présence du privé (Ramsay Générale de santé) mais aussi à la concurrence de l’AP-HP et des centres anticancéreux proches… Avec des moyens qui ne suivent pas, comparativement aux dotations de Paris et de sa proche banlieue, tandis que la démographie croît en grande couronne. Les urgences inaugurées en 2012 sont ainsi déjà engorgées en dépit du financement par le CHV d’une régulation de la permanence des soins de ville.

Au chapitre des atouts, on insiste sur une part universitaire importante (cinq services concernés), plusieurs pôles de référence et une recherche active qui a abouti en 2011 à la création d’une Délégation à la recherche clinique et à l’innovation (DRCI). Des éléments d’attractivité médicale mais aussi vis-à-vis du public (+ 30 % du nombre de séjours ces six dernières années).

La recherche clinique vecteur d’attractivité

Le CHV se situe aujourd’hui au troisième rang national en matière de publications scientifiques et de recherche clinique (hors CHU et centres anticancéreux) avec une production équilibrée à 50 % entre universitaires et non-universitaires. « Si vous voulez les éléments d’une recette qui a fonctionné, retenez la présence d’investigateurs motivés, une direction à l’écoute et des moyens mis en œuvre ! », a résumé Pierre Panel à l’attention des représentants de la FHF. Mais le CHV est sous le coup d’un plan de retour à l’équilibre consécutif à ses investissements dans le plateau technique et à ses recrutements (effet ciseau à la clé). Dans ce contexte, le Pr Philippe Rousselot, responsable de la DRCI, a soumis à la FHF un gros écueil à cette dynamique : l’absence de démarcation – pour la tutelle – entre les postes entièrement consacrés à la recherche et les autres. « En effet, nous devrons avoir une réflexion sur ce plafonnement de la masse salariale qui inclut des personnels pourtant entièrement financés sur des projets de recherche clinique exogènes au fonctionnement courant de l’établissement », a réagi David Gruson.

Le GHT vu comme un atout

Le CHV mise aussi sur le groupement hospitalier de territoire (GHT) pour réduire le taux de fuite de 44 % sur son bassin d’attractivité (52 % en moyenne en Ile-de-France). Etablissement pivot, Versailles peut s’appuyer sur le groupement de coopération sanitaire Yvelines-Sud créé en 2011 et sur un réseau de santé mentale qui peut être la préfiguration d’une communauté psychiatrique de territoire. « Nous partons avec l’idée d’organiser des filières patients, de « ré-internaliser » ces flux de patients et de mutualiser les ressources rares, en nous basant sur des habitudes de travail en commun (déjà une cinquantaines de conventions, 11 médecins en temps partagé…). Pragmatiques, nous avançons discipline par discipline en fonction des situations », a expliqué Véronique Desjardins, directrice du CHV, avant de conclure sur le coût des GHT pour les établissements pivots : « Ne s’agit-il pas in fine d’une mission d’intérêt général (MIGAC) ? »

« Si on prend les GHT au sérieux comme vous le faites ici, il faudra en déduire les conséquences structurelles sur le modèle de financement, les modèles MIGAC, les modèles d’exercice médical territorial, mai aussi sur le métier de directeur… », aura abondé David Gruson.

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