Ancy-le-Franc

11/05/2016

EHPAD d’Ancy-le-Franc : l’innovation… dans tous les sens !

L’équipe au grand complet de la Résidence des Fontenottes recevait la délégation nationale de la FHF à Ancy-le-Franc le 11 mai 2016 après-midi, pour sa seconde halte icaunaise. Un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) qui a fait de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer une véritable vitrine.

La Résidence des Fontenottes accueille en effet 31 résidents souffrant d’Alzheimer (sur 107 places) répartis selon trois niveaux de prise en charge : troubles cognitifs modérés, sévères, et avec troubles du comportement associés (6 places). Un positionnement servi par une équipe médicale et paramédicale très complète qui fait aussi le succès de l’EHPAD.

Plus de dépendance, moins de dotation : l’équation contradictoire

« Le problème, c’est que nous avons ici l’équivalent d’une unité d’hébergements renforcés (UHR) en termes de recrutement sans en avoir la labellisation, déplore Jean-Louis Barbotte, directeur de l’établissement. D’autant que, dans le cadre de la nouvelle convention tripartite, nous avons dû renégocier notre financement des soins à la baisse sur la base de 90 % du plafond GMPS (Gir moyen pondéré soins). » Autre difficulté mise en exergue auprès des représentants de la FHF : l’imputation des assistants de soins en gérontologie (ASG) sur la dépendance, dans un contexte de non-prise en charge par les conseils généraux qui sont en difficulté financière. Or la prise en charge de tels patients mobilise des moyens, notamment deux psychologues (1,5 ETP), et l’EHPAD salarie quatre médecins. Notons que le Dr Cubillé, médecin coordonnateur, a aussi été moteur du cabinet de groupe installé, avec les mêmes médecins, à Ancy-le-Franc (988 habitants). Un écosystème favorable au centre duquel se situe l’établissement public.

Concept Snoezelen, zoothérapie, hypnothérapie… : le règne de l’initiative

En dehors de ses contraintes budgétaires, « l’établissement ne connaît pas de problèmes particuliers », décrit Jean-Louis Barbotte. La résidence ose des initiatives originales. Le personnel a par exemple été formé sur la stimulation cognitive par les sens. Cet « espace Snoezelen » (du nom du concept issu des Pays-Bas) est équipé pour des prises en charge individuelles de 30 à 45 minutes. Un chariot mobile permet aussi de recréer cet espace dans les chambres. Une expérience qui a particulièrement retenu l’attention de la délégation FHF.

Autre équipement spécifique : un bain thérapeutique à visée anti-escarre mais aussi relaxante. Des ateliers de musicothérapie sont d’ailleurs organisés, de même que des ateliers mémoire et en art-thérapie, sans compter une partenariat avec l’association One Voice sur la zoothérapie (chats, ânes…, font partie du quotidien des résidents). Un important travail a par ailleurs été réalisé par le diététicien de l’établissement autour de la surveillance alimentaire tout en favorisant la reprise d’autonomie (réapprendre à manger seul), avec adaptation des repas du prestataire à la clé. Le prochain développement prévu est l’hypnothérapie, dans le cadre de la fin de vie (lutte contre la douleur, diminution de la consommation de psychotropes…) grâce au suivi d’un diplôme universitaire par l’une des psychologues.

« Je dois rendre hommage aux équipes qui sont très impliquées », a insisté Jean-Louis Barbotte en référence à toutes les initiatives prises pour s’adapter en permanence. « C’est aussi à l’honneur du management, a conclu David Gruson auprès de l’ensemble de l’équipe. Les bonnes idées qui ont émergé de votre pratique quotidienne sont reprises dans des éléments de fonctionnement global. C’est de l’intelligence adaptative ! »

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