Tonnerre

11/05/2016

CH de Tonnerre : l’histoire d’une reconversion réussie

Les responsables de la FHF visitaient le CH de Tonnerre le 11 mai 2016 dans le cadre du tour de France de la Fédération. Un exemple de la capacité de transformation de l’hôpital public de proximité confronté à l’évolution des besoins dans un contexte de regroupements des plateaux techniques.

Mercredi 11 mai, 8 h 40. Après avoir longé le spectaculaire Hôtel Dieu du 13e siècle aux origines de l’hôpital de Tonnerre, Frédéric Valletoux, président de la FHF et David Gruson, délégué général, démarrent leur visite du centre hospitalier par le bâtiment du 19e siècle qui finit tout juste d’accueillir l’ensemble des services administratifs. C’est l’aboutissement du schéma directeur de 2012 qui programmait le regroupement de chacune des activités de l’établissement dans des bâtiments distincts : urgences, SMUR, unité de soins continus, médecine interne, soins de suite et réadaptation, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), institut de formation d’aides-soignants…

20 ans de restructuration… et une solide réputation

Cette réorganisation est l’ultime étape de la longue restructuration qui a fait suite à la fermeture de la maternité en 1995, de la chirurgie en 2006, et à la fin d’activités renommées en ORL et en stomatologie. Pour autant, le CH de Tonnerre reste aujourd’hui premier employeur de la commune (500 agents) et couvre un bassin de population de 25 000 habitants. « Nous avons affiché trois exercices budgétaires à l’équilibre sur les quatre dernières années », se félicite Frédéric Roussel, directeur délégué du CH. L’hôpital tire son épingle du jeu grâce à la solide réputation de ses soins de suite et de réadaptation (SSR) orthopédiques et neurologiques (30 places) ainsi qu’en gériatrie (26 places), avec un très beau plateau technique (kinésithérapie, balnéothérapie…). « Des patients viennent chez nous en ortho-neuro depuis Dijon, Auxerre, mais aussi de Paris ou d’Henri Mondor (Créteil) », explique Elise Hoerth, cadre de santé.

Démographie : le point noir

Au plan territorial, les CH d’Auxerre, Tonnerre, Avallon (en direction commune) et de Clamecy forment déjà une communauté hospitalière de territoire (CHT). Un projet de télé-AVC va même démarrer. « Mais les problèmes de démographie médicale retentissent sur nos relations au sein de la CHT, l’établissement pivot n’étant parfois pas en mesure de nous aider or nous peinons à recruter », note Frédéric Roussel… Dans le même temps, la médecine libérale va disparaître du territoire. « Vous êtes dans une situation où le groupement hospitalier de territoire va consolider l’existant sans suffire pour surmonter les difficultés globales de démographie, a analysé David Gruson. Une situation où une convention d’association avec le CHU pourrait aider »… « Pourquoi pas dans le cadre d’une maison médicale universitaire, susceptible d’attirer des médecins ? », aura suggéré Frédéric Valletoux. Au plan pratique, il manquerait peut-être une interopérabilité entre établissements dans le domaine du numérique.

Un atout : la continuité des prises en charge

Dans le secteur médico-social, l’EHPAD de 220 places côtoie un foyer de vie pour handicapés (50 places) complété d’un foyer d’accueil médicalisé (7 places). « Notre avantage est de pouvoir mettre en place des passerelles très progressives », explique Sylvie Chapotot, coordonnatrice de la prise en charge. Sport adapté, jardins thérapeutiques, ateliers menuiserie, musicothérapie, zoothérapie… La variété des activités, toujours assurées par des animateurs professionnels, est de rigueur.

« Vous avez su redéfinir votre projet pour trouver votre place sur le territoire, s’est réjouit Frédéric Valletoux en remerciant les équipes. C’est un bel exemple à méditer », a-t-il conclu.

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