Vannes

25/03/2016

Vannes-Ploërmel : un GHT avant les GHT ?

Autre contexte, autre modèle de collaboration territoriale… Responsables et professionnels des CH de Vannes et Ploërmel ont accueilli la délégation nationale de la FHF le 25 mars 2016 au matin au CH Bretagne-Atlantique (CHBA) de Vannes pour la présentation d’une coopération aboutie : la communauté hospitalière de territoire (CHT) « Val d’Ouest Brocéliande Atlantique », créée en 2014.

 Une trentaine de praticiens de Vannes se déplacent aujourd’hui régulièrement à Ploërmel dans le cadre des urgences, d’astreintes communes (maternité), de postes partagés, notamment en cardiologie et en pédiatrie, ou de consultations avancées. Visiblement avec bonheur. « Il y a un véritable engagement de nos médecins et une perception des enjeux de couverture du territoire, a décrit Alain Latinier, directeur du CHBA.

Des praticiens ravis

Les praticiens des deux établissements ont aussi le sentiment d’un « contrat gagnant-gagnant », car fixer la patientèle à Ploërmel pour le premier recours a évité une fuite vers Rennes (en urologie et pour la maternité par exemple), et a bénéficié à Vannes pour le second recours. « Je suis surpris que cela ait si bien marché !, abonde le Dr Demoulin, président de la CME du CHBA. Car comme souvent dans ces situations, nous nous regardions tous un peu dubitatifs au démarrage des coopérations, il y a 5 ans. » De son côté, le Dr Arnault, chef de service SAMU-SMUR du CHBA souligne que « l’activité sur deux sites est un facteur de motivation pour les urgentistes ».

Clé de la réussite ? La CHT s’est constituée autour d’un projet médical partagé qui s’est construit sur plusieurs années en s’élargissant peu à peu à de nouvelles spécialités. Et elle rayonne sur une échelle géographique raisonnable (40 minutes de route).

Quand le GHT devient une formalité

Un contrat hospitalier de territoire a in fine été signé en avril 2015 avec l’agence régionale de santé, qui finance les postes d’assistants partagés à hauteur de 2,1 M€ sur 3 ans ! Un projet médical de seconde génération sera porté par le groupement hospitalier de territoire qui prendra formellement la suite à partir de juillet 2016 (incluant l’imagerie, l’anesthésie…), avec en ligne de mire une direction commune au moins pour trois des quatre établissements concernés. Même l’idée d’un pôle commun de chirurgie fait son chemin. Quel verrou faudrait-il lever pour étendre ce type de coopération ? », s’est interrogé Frédéric Valletoux, président de la FHF. « L’investissement dans le matériel médical qui, lui, ne parcourt pas les 49 km entre établissements… », indique le Dr Le Mevel, chirurgien orthopédique à Ploërmel.

Renaissance d’un hôpital insulaire

C’est aussi dans le cadre de cette CHT que l’hôpital de Belle-Île vient de « renaître », alors que presque tous les médecins généralistes (MG) insulaires étaient partis en 2012 : d’abord via le détachement d’un médecin urgentiste de Vannes (24 h/24) pour une activité de soins non programmés, puis par l’installation de six MG (dont 3 correspondants SAMU) dans une maison de santé abritée par l’hôpital. Ils assurent la permanence des soins à tour de rôle. Enfin, des déplacements réguliers de spécialistes ont été organisés depuis le continent pour les consultations de recours…

Belle-Île est un exemple emblématique de coopération qui fonctionne et permet de consolider et diversifier l’offre de proximité et, in fine, l’activité de recours à Vannes. Avec en sus un impact sur l’attractivité médicale d’importance à l’heure actuelle. Bref, une initiative du service public hospitalier gagnant-gagnant pour l’ensemble des acteurs… et pour les patients, auront conclu les représentants nationaux de la FHF, désireux de voir l’exemple morbihannais promu dans l’Hexagone.

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