Lamballe

25/03/2016

Lamballe : à l’écoute du monde médico-social

La cinquième étape armoricaine de la délégation nationale de la FHF passait par Lamballe le 25 mars 2016. A la rencontre des agents du Groupe gériatrique du Penthièvre, représentatif de la diversité de l’hôpital local dans son rôle de trait d’union entre ville, le domicile et l’hôpital.

Le Groupe gériatrique du Penthièvre comprend six sites d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), un EHPA, deux services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), un service de soins de suite et réadaptation (SSR), une unité de soins de longue durée (USLD avec accompagnement de fin de vie), mais aussi un accueil de jour, un service d’accompagnements et de répit pour les aidants, etc. Une maison médicale de garde y associe 54 médecins libéraux des environs, et une pépinière pour médecins libéraux est en projet en prévision du départ à la retraite de nombreux généralistes locaux…

Pourquoi cette « liste à la Prévert » ? Parce qu’elle souligne la diversité des besoins d’accueil et la nécessité de mutualisation de l’offre médico-sociale pour maintenir un service adapté à la population. « Vu la crise de la démographie médicale, il ne faut pas décourager les hôpitaux locaux », a ainsi fait valoir le 25 mars Dominique Colas, directeur du CH, en présence de différents professionnels de Lamballe, mais également de représentants d’autres structures locales, comme Josiane Bettler, directrice du CH des Marches de Bretagne. Tous ont fait sentir l’épuisement du monde médico-social. Dans ce contexte, les professionnels présents se sont réjouis de cette visite inédite des responsables nationaux de la FHF en vue de sa plateforme 2017.

Une demande de transparence

Parmi les suggestions faites par les acteurs locaux, notons une demande de transparence dans les critères d’attribution des fonds CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), le système actuel étant illisible.

Autre point saillant, la demande d’un « droit à la défense ». « On refuse de nous communiquer les pièces en cas de plaintes, explique Dominique Colas. Or nous avons l’exemple d’une lettre dithyrambique comprenant quelques suggestions d’améliorations, qui se sont transformées en éléments à charge de la part du conseil général. Ces tensions usent les personnels physiquement et psychologiquement. » Pour Josiane Bettler, elles s’expliquent par une entrée de plus en plus tardive en EHPAD, avec des familles en difficultés ne comprenant pas le non-respect des ratios de personnels pour des raisons budgétaires. Une remarque qui rejoint l’ensemble des demandes des ARS : économies sans fin tout en maintenant la qualité de prise en charge et le climat social…

Pour un hôpital local de premier recours

Une réforme de la dépendance, est ainsi réclamée : « Il faut aller vers un tarif sanitaire. »

« Il nous faudrait également être positionnés dans le premier recours. « Jouer le jeu des filières ? Nous ne demandons que ça. Mais il nous fait un appui politique de la FHF. Que les ARS comprennent ce que nous pouvons faire », aura conclu Dominique Colas. Et Josiane Bettler d’ajouter : « Je crois aux GHT, mais il faut de la confiance entre acteurs… »

« Votre situation évoque un entrelacs issu des réformes techniques et tarifaires successives, dans lesquelles s’est perdue la réforme de la dépendance, a réagi David Gruson, délégué général de la FHF. Vous vous positionnez sur une médecine gériatrique où la partition des statuts juridiques vous dessert. Il faudra sans doute les décloisonner en repensant le rôle des hôpitaux locaux au sein des GHT. L’enjeu majeur sera d’y créer une gouvernance assurant la spécificité des hôpitaux locaux avec un rapport aux territoires sous-denses, à la médecine de ville, aux expérimentations de télésanté, etc. »

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