Brest

24/03/2016

Brest : la recherche clinique, preuve de la valeur ajoutée de la coopération inter-établissements

Le CHU de Brest, première étape armoricaine du président et du délégué général de la FHF ce jeudi 24 mars 2016, avait choisi de présenter son réseau de recherche clinique RIMBO. Une approche « tangentielle » mais ô combien bénéfique de la coopération territoriale.

La mise en place du groupement coopératif de recherche clinique RIMBO, dans le Finistère, fournit un exemples des apports d’une approche territoriale de la santé. En réponse à un appel d’offre, le centre d’investigation clinique (CIC) de Brest est ainsi devenu un CIC de territoire incluant les CH de Quimper, Morlaix, Landerneau, Perharidy, et l’Hôpital d’instruction des armées de Brest (HIA). « Il s’agit d’une fédération d’hôpitaux qui génèrent des protocoles répondant à LEURS préoccupations », a résumé le Pr Mottier, coordonateur du CIC.

Décloisonnement et qualité des soins

Nicolas Paleiron, investigateur à l’HIA, témoigne qu’ « un tel partenariat en recherche clinique a un effet important en termes de qualité des soins, avec l’adoption de protocoles que nous n’aurions jamais proposés seuls. Il a un impact jusque dans nos pratiques de médecine de guerre ! » Bénéfices avérés pour tous les partenaires : un décloisonnement des spécialités, un meilleur accès à l’innovation, une harmonisation des pratiques au sein des filières de soins…

En termes de recherche, les personnels médicaux comme paramédicaux des différents CH parviennent désormais à publier (avec une puissance de recrutement exponentielle). A Morlaix, qui a intégré RIMBO en 2012, le projet fédère toutes les instances (CME, directoire…), avec également un programme auprès de l’Institut de formation en soins infirmiers. Deux poste d’infirmiers ont pu y être créés en lien avec le réseau.

Rentabilité

« Une telle fédération inter-hospitalière est possible, efficace… et rentable ! », pour Nicolas Paleiron. Le système est en effet gagnant-gagnant, y compris en termes financiers, abonde le Pr Mottier, citant l’exemple d’un essai clinique où le CH général touche 300 à 400 € par inclusion, tandis que le CHU gagne autant en tant que promoteur. « Votre exemple répond à une question que se pose la FHF sur la faisabilité à monter de la recherche dans le cadre d’un groupement hospitalier de territoire (GHT), s’est enthousiasmé David Gruson, délégué général de la FHF. RIMBO est extrêmement intéressant sur la façon de réintroduire de la territorialité dans les modèles de financements. »

« La communication est également un facteur déterminant », a insisté Florence Jego, infirmière au CH de Morlaix. Auprès des instances comme des professionnels (newsletter vers les praticiens et cadres de santé, valorisation des participants et de leurs projets dans les revues internes). Elle s’avère tout aussi fructueuse dans les relations entre établissements, auprès des promoteurs d’études (présence sur les sites de référencement…) et avec les médecins libéraux… « Nous commençons à être contacté par des promoteurs, Il s’agit même d’un argument de recrutement. »

Filières de soins renforcées

Mais désormais, il faudrait aller au-delà de RIMBO, décloisonner et créer une maison de la recherche « pour être encore plus lisibles », estime Jean-Roger Pautonnier, directeur du CH de Quimper : « La FHF pourrait contribuer à systématiser de telles maisons de la recherche au sein des GHT ou entre GHT. »

La coopération se trouve d’ores et déjà renforcée entre Quimper et Brest depuis RIMBO, alors même que les deux établissements s’orientent vers des GHT différents. « L’hôpital est resté figé, aura conclu le Pr Mottier. Il faut en sortir, que les parcours patients s’inscrivent dans des filières de soins et non dans des logiques de services. » C’est l’un des objectifs des GHT portés par la FHF, qui doivent partir de projets médicaux partagés, aura une nouvelle fois rappelé Frédéric Valletoux, président de la FHF.

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